38 Des champignons pour transformer le polystyrène : une piste prometteuse Le polystyrène est très utilisé dans les emballages alimentaires, les pots de yaourt ou encore certains matériaux d’isolation. Pourtant, ce plastique reste difficile à recycler. Des chercheurs explorent aujourd’hui une solution innovante : utiliser les enzymes produites par certains champignons pour dégrader ce matériau. Un plastique difficile à recycler Malgré sa présence dans de nombreux produits du quotidien, le polystyrène est peu valorisé après usage. En France, seulement une faible partie de ce plastique est recyclée, tandis que la majorité des déchets est incinérée. Cette situation s’explique par la structure chimique stable du polystyrène, qui le rend particulièrement résistant à la dégradation. Pour répondre à ce défi environnemental, les chercheurs s’intéressent aux propriétés naturelles de certains champignons capables de décomposer des matières complexes. Des enzymes naturelles capables de dégrader les matériaux Les champignons possèdent un mode de digestion particulier. Ils libèrent dans leur environnement des enzymes qui décomposent les substances complexes avant d’absorber les molécules obtenues. Parmi ces enzymes, certaines appelées laccases sont capables d’attaquer des composés très résistants comme la lignine, un élément majeur du bois. Grâce à leur forte activité oxydative, ces enzymes pourraient également intervenir dans la dégradation de certains plastiques synthétiques. Modifier la structure du polystyrène Les premières expériences consistant à appliquer directement ces enzymes sur le polystyrène n’ont pas donné les résultats espérés. Les chercheurs ont alors cherché à rendre le matériau plus accessible. Pour cela, ils ont transformé le polystyrène en très petites particules afin de créer une émulsion. Cette technique augmente considérablement la surface de contact entre le plastique et les enzymes, ce qui facilite la réaction chimique. Grâce à cette approche, les scientifiques ont observé une dépolymérisation très élevée, ouvrant de nouvelles perspectives pour le traitement de ce type de plastique. Du recyclage au décyclage Cependant, cette méthode ne permet pas encore de reconstituer la molécule de départ du polystyrène. Les réactions produisent plutôt des molécules plus petites appelées oligomères. Certaines de ces molécules, comme le benzaldéhyde, possèdent une valeur industrielle. Dans ce cas, on parle plutôt de décyclage, c’est-à-dire la transformation du plastique en nouvelles substances utilisables. Une approche plus écologique Cette méthode enzymatique présente plusieurs avantages environnementaux. Elle fonctionne dans l’eau et nécessite des températures relativement basses, généralement entre 30 et 40 degrés. Contrairement à certaines méthodes chimiques, elle limite également l’utilisation de solvants ou de métaux polluants. Même si cette technologie ne résout pas à elle seule le problème mondial du plastique, elle pourrait contribuer à améliorer la gestion de ces déchets. “Explorer les capacités naturelles des champignons pourrait ouvrir de nouvelles voies pour transformer les déchets plastiques en ressources utiles.” DÉCOUVREZ LES DIFFÉRENTS ARTICLES ET RESSOURCES DISPONIBLES SUR NOTRE SITE. chimie et biotech Partager 0 FacebookTwitterPinterestEmail Article précédent L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE : UN NOUVEL ALLIÉ POUR LA MÉDECINE Article suivant Représentations d’un système linéaire – Extension aux systèmes incertains Cela pourrait aussi vous intéresser Choisir le bon carton pour sécuriser vos expéditions avril 11, 2026 Maroc : un hub stratégique pour l’industrie automobile... avril 11, 2026 Pourquoi certaines batteries résistent mieux à l’emballement thermique... avril 11, 2026 Vers un ciment neutre en carbone : une... avril 11, 2026 Récupérer les terres rares grâce à la nanocellulose... avril 10, 2026 Vers une maîtrise atomique des catalyseurs pour une... avril 10, 2026